La Prose Photo

Des histoires de photos, des poses et quelques mots

Et si j’enlevais le bas

31 mai 2020


On dit que le caméléon communique en changeant sa couleur.
On dit aussi qu’il choisit sa couleur en fonction du support sur lequel il se tient.
Je sais que ce dernier point est faux, puisqu’en réalité il change de couleur en fonction de son humeur.

C’est en m’asseyant près des fleurs du jardin que j’ai eu envie de me fondre à mon tour dans le décor. Par quelle couleur commencer ? je ne sais déjà plus sur quel pied danser…

Ce sera le rouge. Camus le sait, mai est la saison rouge, cerises et coquelicots.

Selon le langage chromatique le rouge est synonyme d’amour et de détermination, il traduit une humeur concentrée et créative.
Moi je me sens plutôt d’humeur coquelicot.

Puis, à l’ombre de l’érable du japon et la finesse de ses feuilles, je me fonds dans la lie de vin, à moins que ce ne soit couleur Aubergine ?
Là encore je m’intéresse à sa signification chromatique : Énergie, spiritualité, zen, originalité.
Je crois que j’ai tous les ingrédients. Je me délecte de ce moment d’apaisement.

Me voilà dans le jaune-oranger.
L’un comme l’autre permettent de chasser les idées noires. L’orange chasse le noir. (Is orange the new black ?)
J’admire la petite demoiselle verte au son d’archet. Elle stridule sans crainte d’avoir des ennuis, bien que perchée sur un gros souci.

J’ai des oignons à mes pieds. Ne pas se méprendre, ils sont dans leur filet. Les citrons ne sont pas pressés, les oranges portent bien leur nom, quant aux pommes de terre on les préfèrerait en robe des champs.

Finalement j’ai bien aimé jouer les caméléons. Certes je ne suis pas Liu Bolin, mais je me suis glissée dans mes petits tableaux et une fois n’est pas coutume, du bon côté de la photo.
La chose est certaine : si cela est à refaire, collant ou bas, finalement je ne l’enlèverai pas.

Confinement, Distanciation, Pénurie de masques, gants, désinfectants…

Le climat anxiogène qui règne actuellement profite, on ne peut mieux, à certains petits bandits de caniveaux qui sévissent sur la toile, non contents de vendre du gel hydroalcoolique au prix dispendieux du caviar, ils s’empressent sans le moindre scrupule de vendre des masques fantômes à tour de bras, promettent un stock qu’ils n’ont pas et garantissent des livraisons, dont on en est à espérer qu’elles arriveront avant la date de péremption.

Si dans l’ensemble des e-commerces honnêtes et sérieux se partagent le marché de ces produits de nécessité, la raréfaction et les difficultés à s’en munir qui en découlent ont donné des ailes à ces petits commerçants sans le sou, sans cervelle non plus, et sans plus d’empathie envers les désireux de se bien porter.

Voilà qu’à mon tour je décide de m’équiper de quelques masques lavables que je choisis de commander sur un site que je ne nommerai pas – moins par respect pour ces Coloquintes à la graisse de hérisson (dixit ma grand-mère fervente admiratrice d’Archibald Haddock), que par crainte d’un retour de karma. –

Commande payée, validée, promise sous 8 jours.

2 semaines plus tard, sans nouvelle, je questionne le marchand par courriel sur l’avancement de ma commande déjà en retard.

On me répond qu’elle sera prête dans 8 jours. Retour à la case départ donc (et sans toucher les 20000…)

Obéissante et docile, je patiente encore une semaine et toujours sans réponse, j’interroge enfin mon ami Google sur ladite entreprise.

Je ne suis même pas surprise lorsque je découvre, à grand renfort de noms d’oiseaux, les avis réprobateurs de dizaines de clients désabusés, dupés et menaçants qui, tout comme moi, n’ont jamais vu la couleur de leurs denrées élémentaires – mon cher Watson –

Dois-je à mon tour vilipender le comportement de ces Espèces de porcs-épics mal embouchés et les menacer de les dénoncer à « 60 millions de consommateurs » (et pourquoi pas « 30 millions d’amis ») ?

Encline à un peu de paix dans ce monde de brute, je renonce à l’affrontement et me résous à m’organiser autrement en attendant mieux.

Comment s’y prendre alors…

Coudre mes propres masques ? Le souvenir d’une tentative de couture soldée par un échec me revient en mémoire. Embarrassée d’un Jeans troué à l’entrejambe qui trainait dans mon placard depuis des mois, j’avais alors décidé, de fil en aiguille, de me lancer dans son raccommodage. La cicatrice était belle mais peu solide. Ravie d’avoir offert une seconde vie à mon jeans je l’étrennais et c’est, évidemment, un jour ou j’étais sortie au supermarché que la plaie s’était rouverte, laissant apparaitre mon plus beau sourire fessier aux yeux du vendeur de chez Herta, habillé en saucisse à tablier fleuri, riant comme une baleine derrière son stand. – Sic. –

Renonçant à la couture, je n’ai d’autre choix que de fouiller la maison, en quête du meilleur équipement de protection.

Quelques heures plus tard, je suis fin prête. L’état de mon armoire accuse un séisme de magnitude 6, indiquant que j’ai fait le tour de la question.

Solennellement, j’endosse ma tenue apocalyptique fait-maison : écharpe pure laine d’Alaska jaune de Damas enroulée 2 fois autour de mon cou jusqu’aux yeux, lunettes de ski haute montagne vissées sur le nez et gants de vaisselle en caoutchouc roses.

Arrivée au bureau de poste, je découvre la file d’attente et des clients obéissant bien volontiers à la règle de distanciation.

Au guichet, l’employée me toise de haut (finalement d’en bas, puisqu’elle est assise) et se demande peut-être si je vais m’enfuir avec la caisse.

J’ai probablement l’air plus timbré que la planche de 10 qu’elle me tend, je règle mon dû et m’en retourne chez moi.

Home sweet home.

Finalement, la prudence est de mise, j’en ai pris mon parti.

Il parait qu’il n’y a pas de plus grande joie que de rester chez soi, et tant que faire se peut j’appliquerai la règle de la prudence, à défaut de celle de l’élégance.

Ne tentons pas le diable, même s’il s’habille en Prada, lui.

(*)Derrière mon loup, je fais ce qui me plaît, me plaît…

Pourquoi ce blog ?

22 mai 2020


Tout ce qui stimule la créativité me passionne ! Peinture, dessin, sculpture, musique, lecture, écriture et par dessus toutes les autres activités : la photographie.
J’aime aussi beaucoup bavarder, me raconter, partager des découvertes, des rencontres, des idées (pas toujours de génie, c’est entendu) et puis m’inventer des histoires ou des théories parfois décalées.
En somme, j’ai décidé de parler, d’écrire.

Avec mes mots et mes images.

J’ai toujours été convaincue qu’en bon photographe qui se respecte (même amateur), tout ce que l’on perçoit est beau. Il suffit de regarder de la bonne façon. Il est toujours possible de trouver de la beauté dans une fourchette (un chef d’œuvre à hors d’œuvre en quelque sorte) ou une coquille d’œuf écrasée, pourvu que l’on se situe sous le bon angle et que l’on soigne sa lumière.

Ainsi va la vie.

J’entends ici illustrer mes écrits par mes propres photographies, conçues avec les moyens du bord. Je tente, du mieux que je le peux, de trouver de la poésie dans les petites choses du quotidien.
C’est ainsi ma façon à moi de revendiquer, à défaut d’œuvre d’art, une œuvre d’âme.

Mes essais à l’écriture sont parfaitement dénués de prétention, cela va sans dire.
L’expression et le partage sont les seuls leitmotiv de ce blog, et si par un joyeux malentendu j’arrive à susciter votre intérêt voire vous faire sourire bien à propos, j’en serais ravie et même comblée.

Je vous invite à flâner dans mon humble univers photographique, afin de lire un peu mieux dans ma conscience.

Bienvenue dans mon univers

« Je me suis approprié de beaux regards et d’étranges lieux, j’ai imaginé de doux secrets , j’ai croisé des animaux pittoresques, j’ai inventé des histoires incroyables. Tous ces moments que je me défends d’avoir volés, je les ai ressentis et vécus, je les ai touchés et j’en ai fait des tableaux que j’ai soigneusement et délicatement rangés ici.
Je vous ouvre avec émotion les portes de mon imaginaire, l’autre côté de mon regard, je veux partager ce que je vois tel que je le vois en me laissant guider par ma curiosité intuitive.
Je fais le pari qu’un simple petit caillou peut exprimer la beauté et je soutiens que le mot laid n’appartient qu’aux gens bêtes. »

Valérie Andres

“L’imagination est plus importante que le savoir.” (A.Einstein)