La Prose Photo

Des histoires de photos, des poses et quelques mots

Confinement, Distanciation, Pénurie de masques, gants, désinfectants…

Le climat anxiogène qui règne actuellement profite, on ne peut mieux, à certains petits bandits de caniveaux qui sévissent sur la toile, non contents de vendre du gel hydroalcoolique au prix dispendieux du caviar, ils s’empressent sans le moindre scrupule de vendre des masques fantômes à tour de bras, promettent un stock qu’ils n’ont pas et garantissent des livraisons, dont on en est à espérer qu’elles arriveront avant la date de péremption.

Si dans l’ensemble des e-commerces honnêtes et sérieux se partagent le marché de ces produits de nécessité, la raréfaction et les difficultés à s’en munir qui en découlent ont donné des ailes à ces petits commerçants sans le sou, sans cervelle non plus, et sans plus d’empathie envers les désireux de se bien porter.

Voilà qu’à mon tour je décide de m’équiper de quelques masques lavables que je choisis de commander sur un site que je ne nommerai pas – moins par respect pour ces Coloquintes à la graisse de hérisson (dixit ma grand-mère fervente admiratrice d’Archibald Haddock), que par crainte d’un retour de karma. –

Commande payée, validée, promise sous 8 jours.

2 semaines plus tard, sans nouvelle, je questionne le marchand par courriel sur l’avancement de ma commande déjà en retard.

On me répond qu’elle sera prête dans 8 jours. Retour à la case départ donc (et sans toucher les 20000…)

Obéissante et docile, je patiente encore une semaine et toujours sans réponse, j’interroge enfin mon ami Google sur ladite entreprise.

Je ne suis même pas surprise lorsque je découvre, à grand renfort de noms d’oiseaux, les avis réprobateurs de dizaines de clients désabusés, dupés et menaçants qui, tout comme moi, n’ont jamais vu la couleur de leurs denrées élémentaires – mon cher Watson –

Dois-je à mon tour vilipender le comportement de ces Espèces de porcs-épics mal embouchés et les menacer de les dénoncer à « 60 millions de consommateurs » (et pourquoi pas « 30 millions d’amis ») ?

Encline à un peu de paix dans ce monde de brute, je renonce à l’affrontement et me résous à m’organiser autrement en attendant mieux.

Comment s’y prendre alors…

Coudre mes propres masques ? Le souvenir d’une tentative de couture soldée par un échec me revient en mémoire. Embarrassée d’un Jeans troué à l’entrejambe qui trainait dans mon placard depuis des mois, j’avais alors décidé, de fil en aiguille, de me lancer dans son raccommodage. La cicatrice était belle mais peu solide. Ravie d’avoir offert une seconde vie à mon jeans je l’étrennais et c’est, évidemment, un jour ou j’étais sortie au supermarché que la plaie s’était rouverte, laissant apparaitre mon plus beau sourire fessier aux yeux du vendeur de chez Herta, habillé en saucisse à tablier fleuri, riant comme une baleine derrière son stand. – Sic. –

Renonçant à la couture, je n’ai d’autre choix que de fouiller la maison, en quête du meilleur équipement de protection.

Quelques heures plus tard, je suis fin prête. L’état de mon armoire accuse un séisme de magnitude 6, indiquant que j’ai fait le tour de la question.

Solennellement, j’endosse ma tenue apocalyptique fait-maison : écharpe pure laine d’Alaska jaune de Damas enroulée 2 fois autour de mon cou jusqu’aux yeux, lunettes de ski haute montagne vissées sur le nez et gants de vaisselle en caoutchouc roses.

Arrivée au bureau de poste, je découvre la file d’attente et des clients obéissant bien volontiers à la règle de distanciation.

Au guichet, l’employée me toise de haut (finalement d’en bas, puisqu’elle est assise) et se demande peut-être si je vais m’enfuir avec la caisse.

J’ai probablement l’air plus timbré que la planche de 10 qu’elle me tend, je règle mon dû et m’en retourne chez moi.

Home sweet home.

Finalement, la prudence est de mise, j’en ai pris mon parti.

Il parait qu’il n’y a pas de plus grande joie que de rester chez soi, et tant que faire se peut j’appliquerai la règle de la prudence, à défaut de celle de l’élégance.

Ne tentons pas le diable, même s’il s’habille en Prada, lui.

(*)Derrière mon loup, je fais ce qui me plaît, me plaît…

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