Par les temps qui courent nous sommes toujours pressés.
Pris de vitesse dans la course contre la montre.

Mais rattraperons nous le temps pour autant ?
Un brin de sagesse nous inviterait à méditer et réfléchir à ce sujet, à temps perdu…

Sans aucune préméditation, j’ai osé un jour tuer le temps.
Paix à son âme, c’est un temps mort.
Dans l’air de son souvenir encore bien présent,
je me suis dit qu’il avait fait son temps.

A la recherche du temps perdu, j’ai trouvé le temps long, cela m’a prise de court.
Je ne voulais pas y passer des heures alors j’égrainais les minutes espérant être secondée, à la bonne heure.
Je suis en avance sur mon temps et je ne souffre aucun retard,
sans quoi je n’aurais d’autre choix que de remettre les pendules à l’heure, voire à plus tard.

Certains s’évertuent à gagner du temps, reprenant ce dicton familier qui prétend que le temps c’est de l’argent.
L’intérêt n’est-il pas de se payer du bon temps ?
Ainsi, n’en déplaise à ceux qui se croient nantis à tord,
la richesse n’est pas dans le coffre, c’est ça le plus fort.

Le temps passe inexorablement sans que l’on puisse l’arrêter.
A présent que nous savons révolu ce passé,
c’est simple et c’est ainsi qu’il nous faut composer.
Profitons de chaque instant, partageons de bons moments et réalisons que même s’il nous est compté, il faut laisser le temps filer.

« Le temps d’apprendre à vivre il est déjà trop tard » – Louis Aragon

Je profite d’un moment de tranquillité, pour travailler sur mon ordinateur.
Quand le chat n’est pas là, ma souris danse.

J’ai un chat noir. Le chat noir porte malheur dit-on.
Un tantinet superstitieuse, j’ai voulu rompre la malédiction.
J’ai cherché du trèfle à 4 feuilles, un c’est bien assez,
mais l’insolent félin ne l’a pas épargné et l’a croqué sans ménagement,
et avec toutes ses dents.
De mon trèfle ne me reste que quelques feuilles perforées meurtries, moi qui pensais avoir de la marge, je dois réviser ma copie.

La souplesse légendaire du chat n’est plus à démontrer.
La croyance populaire nous dit que le matou passe sa patte derrière son oreille, lorsque la pluie va arriver.
A ce sujet, je me disais que si j’arrivais à faire pareil,
il devrait forcément neiger.

C’est avec cette agilité que dès potron-minet et jusqu’à la nuit,
ou tous les chats soi-disant gris,
à coup de langue au chat s’adonnent à leur toilette vétilleuse et minutieuse,
alors qu’injustement jugé succinct débarbouillage,
« faire une toilette de chat » se dit selon l’adage.

Si je suis maitre de mes choix, je le suis bien moins de mes chats.
Qualifié d’animal domestique, appelons donc un chat un chat :
Je suis son hôtelier, sa ménagère, son groom, sa cuisinière.
Qui donc est le domestique dans cette affaire ?

En bon maitre que je veux être je soignerai matous,
nulle question ici de chat dans la gorge, rassurez-vous.
Poil soyeux, moustache fière et joli minois,
un seul mot me vient quand je vois mes chats : beauté.

Je m’occupais de mes oignons, soigneusement plantés en rond, autour du saule pleureur du fond. (Ceci expliquant cela).
C’est arrivé comme une fleur et cela m’a mis du baume au cœur.
Ainsi le potager nous a fait ses petits secrets, avant le fruit ou après le légume. J’ai eu envie de partager ces quelques tableaux.

Je ne vous raconte pas de salades, la chicorée est très fleur bleue.
Non qu’elle soit romantique mais simplement une belle plante dont les fleurs, à dominante bleue, ont la particularité de changer de couleur en fonction des heures de la journée.
Que de grâce dans un légume si commun, et je ne mâche pas mes mots.
D’abord graine, puis fruit, puis fleur et puis graine à nouveau ; ainsi la boucle est bouclée, je devrais dire frisée…

La fleur de lin est éphémère, elle nait le matin pour s’éteindre enfin lorsque la lune vient border le soleil.
Utilisée en textile, sa tige contient la fibre à tisser : arrachage, rouissage, enroulage et teillage, c’est coton !
Le lin produit aussi une excellente farine, riche et fibreuse. Mais avec ou sans fibre, préparez-moi de bonnes pâtisseries et croyez-moi, j’accepterai les cookies !
Essentielle sous forme d’huile elle a décidément toutes les vertus, alors
prenez-en de la graine et par poignées !

Vous pensez peut-être que la carotte est une simple racine sans charme, et bien c’est râpé !
Elle nous offre de jolies fleurs en forme de flocon ou de parasol, des fleurs finement découpées et très ornementales en bouquet.
La racine n’est pas carrée mais se multiplie par elle-même et cela tombe bien car ses qualités sont nombreuses, ne dit-on pas qu’elle donne bonne mine et rend aimable.
Savoureuses en plat chaud, c’est à nulle autre occasion que nous sommes ravis quand les carottes sont cuites.

La fleur du persil d’un jaune-vert éclatant se dessine, elle aussi, en petits flocons appelés Ombelles.
« Si la femme savait bien ce que fait le persil à l’homme, elle irait en chercher jusques à Rome. »
Et puisque soi-disant tous les chemins y mènent, allons donc cueillir le persil, plat ou frisé, aux propriétés stimulantes.
Notons qu’il aurait également des vertus contre l’anémie et favoriserait la coagulation. Alors pour ne pas se faire de mauvais sang, consommons du persil.

Celle-ci est bien connue mais j’en profite pour la ramener, ma fraise.
Cette petite fleur blanche est un futur fruit gonflé et juteux bordé d’un pédoncule, collerette qui porte aussi le nom de fraise chez nos nobles et royaux ancêtres. Justement reine des vallées ou garriguette, petits fruits si délicats, attention à la cueillette si vous sucrez déjà les fraises, autrement ce ne sera pas de la tarte.

« Mettre du linge sur les salsifis »
Voilà une expression populaire surannée qui signifie enfiler des gants, ce dont vous aurez justement besoin pour aller dénicher ces scorsonères à chair blanche, sous leur épaisse peau terreuse.
La première fleur est violette ou jaune. J’ai préféré attendre qu’elle déploie ses aigrettes et là c’est le pompon, les graines dites akènes, se sont échappées, dispersées par le vent.


Voyez la vie en rose, partagez vos pensées ou racontez vos soucis.
Et dites le avec des fleurs !

Qu’il est bon de profiter d’un dimanche après-midi ensoleillé et doux.
De ceux que l’on aime en lecture ou en musique, à l’ombre d’un vieux cerisier.

Dans mon jardin les arbres sont très occupés : l’oiseau fait son nid, la pie est bavarde et rien n’épargne l’écureuil.

C’est un carré de nature derrière chez moi, ou grandit un bel et fier cognassier.
La saison n’étant pas encore venue, c’est un carré sans coing.

Si je m’étais endormie dans les bras de cet arbre, lui et moi ne faisant plus qu’un,
je ne me serais pas pour autant sentie vieille branche, trop en avance et de quelques décennies !

Il n’est rien de plus reposant que de dévorer un bon livre au pied du sureau, surtout quand il n’y a pas de bouleau.
Laisser les pages se tourner et les feuilles s’envoler.

L’arbre et le livre. Le premier deviendra peut-être le second.
Au fond, cela est une affaire de culture.

A ce chapitre de ma journée, je suis partie au bout du monde et à travers une autre époque.
Mais sachez lire entre les lignes, le voyage sommaire est imaginaire et sa légende est une simple note en bas de page.
Mon livre s’achève à l’épilogue du jour. Cette nourriture spirituelle qui m’a mise en appétit est une invitation à la table des matières.

Point final.

« Bientôt l’été… être belle sur la plage… « 

Quelques semaines avant l’été, les médias abondent de sujets remplis de bons conseils pour maigrir, à grand renfort de régimes tous plus fantaisistes les uns que les autres.
Compter ses calories ? Et pourquoi ne pas s’aider d’un algorithme tant qu’on y est ?
Moi, je pratique plutôt le théorème de ‘JEPICORE‘ dans le frigo autour duquel je gravite sans même une loi.

Mais essayons de relativiser et avant d’observer la théorie du chaos dans mon estomac, j’en appelle à la sagesse de Mr Newton et je décide de croquer des pommes.
Allons-y pour 5 (ou 4 ?) fruits et légumes par jour.

Il est dit dans la genèse que la mère de l’humanité avait un jour croqué la pomme. Elle en fut blâmée.
Néanmoins, si Eve parade toujours dans le plus simple appareil (pour ne pas dire en tenue d’elle-même) et sans le moindre complexe, nul ne peut lui reprocher sa ligne, en dépit de celle de sa conduite.

Impatiente de voir pousser les bonnes tomates du jardin, je presse Sieur le Soleil, qui en connait un rayon, de leur envoyer un peu de sa bonne énergie.
Tomate-cerise sur le gâteau, je les verrai rougir rien que pour mon plaisir !
Tomate allongée ou debout, promis, je mangerai tout !

Gorgée de vitamine C, l’agrume sent bon. Même remplie de son essence et n’en déplaise à Mr Kubrick, cette orange là est seulement botanique.

Lorsque je mets la main au panier ce n’est que par gourmandise et puis croquer le fruit non-défendu n’est à l’évidence pas sottise.

Leçon n°1 : Si une peau de pêche sans un cœur d’artichaut tu veux avoir, chasses les 50 nuances de gras au fond de tous tes placards.

On dit que le caméléon communique en changeant sa couleur.
On dit aussi qu’il choisit sa couleur en fonction du support sur lequel il se tient.
Je sais que ce dernier point est faux, puisqu’en réalité il change de couleur en fonction de son humeur.

C’est en m’asseyant près des fleurs du jardin que j’ai eu envie de me fondre à mon tour dans le décor. Par quelle couleur commencer ? je ne sais déjà plus sur quel pied danser…

Ce sera le rouge. Camus le sait, mai est la saison rouge, cerises et coquelicots.

Selon le langage chromatique le rouge est synonyme d’amour et de détermination, il traduit une humeur concentrée et créative.
Moi je me sens plutôt d’humeur coquelicot.

Puis, à l’ombre de l’érable du japon et la finesse de ses feuilles, je me fonds dans la lie de vin, à moins que ce ne soit couleur Aubergine ?
Là encore je m’intéresse à sa signification chromatique : Énergie, spiritualité, zen, originalité.
Je crois que j’ai tous les ingrédients. Je me délecte de ce moment d’apaisement.

Me voilà dans le jaune-oranger.
L’un comme l’autre permettent de chasser les idées noires. L’orange chasse le noir. (Is orange the new black ?)
J’admire la petite demoiselle verte au son d’archet. Elle stridule sans crainte d’avoir des ennuis, bien que perchée sur un gros souci.

J’ai des oignons à mes pieds. Ne pas se méprendre, ils sont dans leur filet. Les citrons ne sont pas pressés, les oranges portent bien leur nom, quant aux pommes de terre on les préfèrerait en robe des champs.

Finalement j’ai bien aimé jouer les caméléons. Certes je ne suis pas Liu Bolin, mais je me suis glissée dans mes petits tableaux et une fois n’est pas coutume, du bon côté de la photo.
La chose est certaine : si cela est à refaire, collant ou bas, finalement je ne l’enlèverai pas.

Confinement, Distanciation, Pénurie de masques, gants, désinfectants…

Le climat anxiogène qui règne actuellement profite, on ne peut mieux, à certains petits bandits de caniveaux qui sévissent sur la toile, non contents de vendre du gel hydroalcoolique au prix dispendieux du caviar, ils s’empressent sans le moindre scrupule de vendre des masques fantômes à tour de bras, promettent un stock qu’ils n’ont pas et garantissent des livraisons, dont on en est à espérer qu’elles arriveront avant la date de péremption.

Si dans l’ensemble des e-commerces honnêtes et sérieux se partagent le marché de ces produits de nécessité, la raréfaction et les difficultés à s’en munir qui en découlent ont donné des ailes à ces petits commerçants sans le sou, sans cervelle non plus, et sans plus d’empathie envers les désireux de se bien porter.

Voilà qu’à mon tour je décide de m’équiper de quelques masques lavables que je choisis de commander sur un site que je ne nommerai pas – moins par respect pour ces Coloquintes à la graisse de hérisson (dixit ma grand-mère fervente admiratrice d’Archibald Haddock), que par crainte d’un retour de karma. –

Commande payée, validée, promise sous 8 jours.

2 semaines plus tard, sans nouvelle, je questionne le marchand par courriel sur l’avancement de ma commande déjà en retard.

On me répond qu’elle sera prête dans 8 jours. Retour à la case départ donc (et sans toucher les 20000…)

Obéissante et docile, je patiente encore une semaine et toujours sans réponse, j’interroge enfin mon ami Google sur ladite entreprise.

Je ne suis même pas surprise lorsque je découvre, à grand renfort de noms d’oiseaux, les avis réprobateurs de dizaines de clients désabusés, dupés et menaçants qui, tout comme moi, n’ont jamais vu la couleur de leurs denrées élémentaires – mon cher Watson –

Dois-je à mon tour vilipender le comportement de ces Espèces de porcs-épics mal embouchés et les menacer de les dénoncer à « 60 millions de consommateurs » (et pourquoi pas « 30 millions d’amis ») ?

Encline à un peu de paix dans ce monde de brute, je renonce à l’affrontement et me résous à m’organiser autrement en attendant mieux.

Comment s’y prendre alors…

Coudre mes propres masques ? Le souvenir d’une tentative de couture soldée par un échec me revient en mémoire. Embarrassée d’un Jeans troué à l’entrejambe qui trainait dans mon placard depuis des mois, j’avais alors décidé, de fil en aiguille, de me lancer dans son raccommodage. La cicatrice était belle mais peu solide. Ravie d’avoir offert une seconde vie à mon jeans je l’étrennais et c’est, évidemment, un jour ou j’étais sortie au supermarché que la plaie s’était rouverte, laissant apparaitre mon plus beau sourire fessier aux yeux du vendeur de chez Herta, habillé en saucisse à tablier fleuri, riant comme une baleine derrière son stand. – Sic. –

Renonçant à la couture, je n’ai d’autre choix que de fouiller la maison, en quête du meilleur équipement de protection.

Quelques heures plus tard, je suis fin prête. L’état de mon armoire accuse un séisme de magnitude 6, indiquant que j’ai fait le tour de la question.

Solennellement, j’endosse ma tenue apocalyptique fait-maison : écharpe pure laine d’Alaska jaune de Damas enroulée 2 fois autour de mon cou jusqu’aux yeux, lunettes de ski haute montagne vissées sur le nez et gants de vaisselle en caoutchouc roses.

Arrivée au bureau de poste, je découvre la file d’attente et des clients obéissant bien volontiers à la règle de distanciation.

Au guichet, l’employée me toise de haut (finalement d’en bas, puisqu’elle est assise) et se demande peut-être si je vais m’enfuir avec la caisse.

J’ai probablement l’air plus timbré que la planche de 10 qu’elle me tend, je règle mon dû et m’en retourne chez moi.

Home sweet home.

Finalement, la prudence est de mise, j’en ai pris mon parti.

Il parait qu’il n’y a pas de plus grande joie que de rester chez soi, et tant que faire se peut j’appliquerai la règle de la prudence, à défaut de celle de l’élégance.

Ne tentons pas le diable, même s’il s’habille en Prada, lui.

(*)Derrière mon loup, je fais ce qui me plaît, me plaît…

Tout ce qui stimule la créativité me passionne ! Peinture, dessin, sculpture, musique, lecture, écriture et par dessus toutes les autres activités : la photographie.
J’aime aussi beaucoup bavarder, me raconter, partager des découvertes, des rencontres, des idées (pas toujours de génie, c’est entendu) et puis m’inventer des histoires ou des théories parfois décalées.
En somme, j’ai décidé de parler, d’écrire.

Avec mes mots et mes images.

J’ai toujours été convaincue qu’en bon photographe qui se respecte (même amateur), tout ce que l’on perçoit est beau. Il suffit de regarder de la bonne façon. Il est toujours possible de trouver de la beauté dans une fourchette (un chef d’œuvre à hors d’œuvre en quelque sorte) ou une coquille d’œuf écrasée, pourvu que l’on se situe sous le bon angle et que l’on soigne sa lumière.

Ainsi va la vie.

J’entends ici illustrer mes écrits par mes propres photographies, conçues avec les moyens du bord. Je tente, du mieux que je le peux, de trouver de la poésie dans les petites choses du quotidien.
C’est ainsi ma façon à moi de revendiquer, à défaut d’œuvre d’art, une œuvre d’âme.

Mes essais à l’écriture sont parfaitement dénués de prétention, cela va sans dire.
L’expression et le partage sont les seuls leitmotiv de ce blog, et si par un joyeux malentendu j’arrive à susciter votre intérêt voire vous faire sourire bien à propos, j’en serais ravie et même comblée.

Je vous invite à flâner dans mon humble univers photographique, afin de lire un peu mieux dans ma conscience.

Bienvenue dans mon univers

« Je me suis approprié de beaux regards et d’étranges lieux, j’ai imaginé de doux secrets , j’ai croisé des animaux pittoresques, j’ai inventé des histoires incroyables. Tous ces moments que je me défends d’avoir volés, je les ai ressentis et vécus, je les ai touchés et j’en ai fait des tableaux que j’ai soigneusement et délicatement rangés ici.
Je vous ouvre avec émotion les portes de mon imaginaire, l’autre côté de mon regard, je veux partager ce que je vois tel que je le vois en me laissant guider par ma curiosité intuitive.
Je fais le pari qu’un simple petit caillou peut exprimer la beauté et je soutiens que le mot laid n’appartient qu’aux gens bêtes. »

Valérie Andres

“L’imagination est plus importante que le savoir.” (A.Einstein)